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TEUTONIQUES Les Chevaliers Teutoniques à Bekkevoort (Brabant flamand)

 

Commanderie - en ruine - de l'Ordre Teutonique à Bekkevoort, vers 1700


LES CHEVALIERS TEUTONIQUES A BEKKEVOORT


La commune de Bekkevoort se situe en Belgique, dans la province du Brabant flamand (Région flamande), au cœur de la région naturelle du Hageland. Elle se trouve à proximité immédiate de Diest, à environ 15 kilomètres à l'est de Louvain et à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Bruxelles.

Fondé en 1190 lors de la troisième croisade à Saint-Jean-d'Acre, l'Ordre des Chevaliers Teutoniques (ou Duitse Orde, ou Deutscher Orden) est un ordre religieux et militaire germanique combinant assistance médicale et défense de la foi chrétienne. Rapidement structuré autour de puissants domaines seigneuriaux à travers toute l'Europe (les commanderies), mais principalement en Europe centrale et en Europe de l'est, l'Ordre étend son emprise bien au-delà de la Terre Sainte (*) qu'il était primitivement censé protéger. 

(*) La Terre sainte désigne la région du Proche-Orient située entre le fleuve Jourdain et la mer Méditerranée (englobant Israël, la Palestine et une partie de la Jordanie et du Liban). Elle est considérée comme sacrée par les trois monothéismes abrahamiques : le judaïsme, le christianisme et l'islam. Pour les chrétiens et les ordres de chevalerie médiévaux, elle représente le lieu de naissance, de vie, de mort et de résurrection de Jésus-Christ, lieu dont il faut assurer la libre circulation pour les pèlerins chrétiens.

L'effondrement de la présence chrétienne au Proche Orient hâtera un repli vers le continent européen.

On peut considérer que cet Ordre est, en quelque sorte, une réplique germanique de l'Ordre des Chevaliers du Temple (les Templiers), ou de l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean (devenu Ordre de Malte). Ces trois ordres ont coexisté en bonne intelligence dans les territoires de la future Belgique. 

Dans l'actuel territoire belge et les régions avoisinantes (ancien Saint-Empire et Principauté de Liège), les chevaliers teutoniques s'implantent dès le début du XIIIᵉ siècle sous l'impulsion de donations locales. L'épicentre de cette présence est la Grande Commanderie d'Alden-Biesen (à Bilzen, dans la province de Limbourg), chef-lieu du bailliage teutonique de Biesen. Ce puissant réseau administrait une douzaine de commanderies secondaires (dont Bekkevoort, Fouron-Saint-Pierre, Saint-André à Liège ou Pitsemburg à Malines). À la fois seigneurs fonciers, gestionnaires économiques, acteurs politiques et responsables du soin des âmes, les chevaliers teutoniques ont profondément façonné le paysage institutionnel, architectural et paroissial belge jusqu'à la confiscation de leurs biens lors de l'occupation française à la fin du XVIIIᵉ siècle.


Grande Commanderie d'Alden Biesen


Malgré quelques vicissitudes et aléas historiques, l'Ordre Teutonique a subsisté jusqu'à nos jours. Son siège actuel se trouve à Vienne, en Autriche.

La Commanderie de Bekkevoort : 500 ans d'histoire de l'Ordre Teutonique

Aujourd'hui paisible commune du Brabant flamand, Bekkevoort abrite un passé médiéval exceptionnel. Durant près de six siècles, son histoire a été intimement liée à celle des chevaliers de l'Ordre Teutonique, qui y installèrent l'une des douze commanderies du baillage d'Alden-Biesen. 


Chevalier de l'Ordre Teutonique


L'âge d'or : fondation et essor (XIIIᵉ–XIVᵉ siècles)

L'aventure en Brabant flamand commence entre 1229 et 1230. Grâce aux donations conjointes de nobles locaux — notamment Arnold van Diest, Jan van Meerbeek, le duc Henri de Brabant et Willem van Bekkevoort —, l'Ordre Teutonique entre en possession d'un domaine stratégique. Le don de Willem van Bekkevoort est particulièrement décisif : il cède son château fort, érigé au milieu d'un étang sur la rivière Vijversloop, posant ainsi les bases de la nouvelle commanderie.

Autour de ce noyau fortifié composé d'une demeure, d'une ferme et d'une église paroissiale (dédiée à Saint-Pierre), le village même de Bekkevoort voit le jour sous l'impulsion des chevaliers. Une communauté initiale de onze membres s'y installe, incluant le commandeur et un prêtre.

Au fil du XIIIᵉ siècle, l'Ordre consolide méthodiquement son emprise. Il rachète les droits restants sur le château, acquiert les dîmes, moulins et terres des environs, et prend en main le pouvoir économique, politique et spirituel. Les curés de la paroisse sont tous issus de l'Ordre, qui assure désormais la vie religieuse et le soin des âmes.

Face aux épreuves : destructions et repli sur Diest (XVᵉ–XVIIᵉ siècles)

Le cours de l'histoire n'est toutefois pas de tout repos pour les religieux-soldats. En 1448, face aux exactions et pillages de troupes armées, les chevaliers doivent abandonner temporairement leur domaine pour se réfugier dans une demeure acquise dans la Engelandstraat à Diest. 

À la fin de la guerre de Cent Ans et après les trêves signées dans les années 1440 (notamment le traité de Tours en 1444), de grandes compagnies de mercenaires au service du roi de France ou du duc de Bourgogne se sont retrouvées sans solde. Elles se sont répandues dans le duché de Brabant et les régions voisines pour vivre de pillages, de chantage et d'extorsions. Située en campagne, la commanderie de Bekkevoort, cible idéale pour ces bandes armées, possédait de vastes réserves agricoles et des richesses, tout en étant difficile à défendre contre des raids répétés sans une importante garnison militaire.

Les Teutoniques réintègrent Bekkevoort en 1495, mais ce calme est de courte durée.

Le XVIᵉ siècle apporte son lot de bouleversements politiques et religieux. Entre 1560 et 1566, au cœur des guerres de religion, la commanderie subit de lourdes destructions, perpétrées par des insurgés calvinistes et des casseurs d'images protestants, dans le cadre de la Furie iconoclaste (Beeldenstorm en néerlandais).


La Furie iconoclaste en Flandre et en Brabant en l'an 1568
Gravure de Jan Luyken


Avant le déchaînement de 1560-1566, la région connaissait déjà une agitation grandissante nourrie par la crise économique, la famine et les prédications clandestines des calvinistes en plein air (haagpreken), ciblant les grandes propriétés ecclésiastiques comme la commanderie teutonique de Bekkevoort, symbole à la fois du dogme catholique et de l'autorité foncière.

Contraints de se disperser, les membres de l'Ordre finissent par établir leur résidence permanente à Diest en 1652, dans la Hasseltsestraat.

Pendant ce temps, la seigneurie de Bekkevoort passe entre les mains de la prestigieuse maison d'Orange-Nassau.

Grandeur et déclin du domaine de chasse (XVIIIᵉ siècle)

Au tournant du XVIIIᵉ siècle, le château d'origine de Bekkevoort n'est plus qu'une ruine. Cependant, le domaine ne perd rien de son attrait : il demeure un terrain de chasse très prisé. Les princes d'Orange-Nassau y font planter de grands bois de pins (dont dérive le nom actuel du Prinsenbos).

Les commandeurs, malgré le délabrement de leurs bâtiments, continuent de se rendre régulièrement à Bekkevoort pour chasser et assister à la messe. Cette cohabitation sur le territoire donne d'ailleurs lieu, au XVIIIᵉ siècle, à un retentissant litige entre les chevaliers teutoniques et le prince Guillaume V d'Orange-Nassau au sujet des droits de chasse.

C'est aussi à cette époque (seconde moitié du XVIIIᵉ siècle) qu'une pièce du bâtiment principal est réaménagée et embellie de sobres stucs.

La fin d'une époque et l'héritage actuel

Le coup de grâce intervient en 1794. Avec l'arrivée des troupes révolutionnaires françaises, les biens de l'Ordre Teutonique sont confisqués puis vendus aux enchères à des particuliers, marquant la dissolution définitive de la commanderie en 1796.

Que reste-t-il aujourd'hui de ce passé pluricentenaire ?

  • Architecture extérieure : Un pignon à redents reconstruit constitue le principal vestige visible des structures d'origine.

  • Patrimoine intérieur : Incorporée dans le bâtiment principal actuel (remanié aux XIXᵉ et XXᵉ siècles), une vaste pièce a conservé ses ornements en stuc du XVIIIᵉ siècle.

  • Empreinte locale : La structure même du village et la mémoire des lieux témoignent encore de l'empreinte laissée par les chevaliers teutoniques.


REPÈRES CHRONOLOGIQUES

Du XIIIᵉ au XIVᵉ siècle : Fondation et expansion

  • 1229 : L'Ordre Teutonique s'implante à Bekkevoort grâce aux donations initiales d'Arnold van Diest, Jan van Meerbeek et du duc Henri III de Brabant.

  • 1229–1230 : Willem van Bekkevoort fait don de son allodium (ou alleu), de son fief et de son château fort situé au milieu d'un étang (près de la rivière Vijverloop) à l'Ordre Teutonique, avec l'accord du duc Henri Iᵉʳ. Ces dons posent les bases du village et de la commanderie. La communauté initiale compte 11 chevaliers (dont le commandeur et un prêtre) et dépend directement de la Grande Commanderie d'Alden Biesen (baillage de Biesen).

  • 1230 : La création officielle du village de Bekkevoort découle directement de l'action de l'Ordre.

  • 1244 : L'Ordre rachète les droits du chevalier Jan van Meerbeek sur la cour de Bekkevoort.

  • 1255 : Par échange, l'Ordre acquiert les derniers droits du duc de Brabant sur le château fort de Bekkevoort.

  • 1260 : Une phase d'expansion territoriale s'amorce dans les villages voisins. L'Ordre acquiert progressivement les dîmes, moulins, cens et terres de la région.

  • 1295 : La commanderie compte deux prêtres, huit frères et le commandeur. L'Ordre contrôle l'économie, la politique locale, la cure paroissiale et assure la charge des âmes (notamment pour l'église Saint-Pierre).

  • XIVᵉ siècle : L'implantation continue de se développer grâce aux échanges, achats et donations.

Du XVᵉ au XVIIᵉ siècle : Guerres, destructions et refuges à Diest

  • Vers 1500 : La seigneurie de Bekkevoort passe aux mains de la maison d'Orange-Nassau par alliances et héritages.

  • 1448 : Victime des pillages de troupes armées, la commanderie pousse les chevaliers à trouver refuge à Diest, dans une maison de la Engelandstraat.

  • 1495 : Les chevaliers réintègrent leur domaine de Bekkevoort.

  • 1560–1566 : Durant les guerres de religion, la commanderie est de nouveau ravagée et partiellement détruite. Les membres de l'ordre se dispersent dans plusieurs résidences à Diest.

  • 1626 : Fin de l'occupation du premier refuge de la Engelandstraat à Diest.

  • 1652 : Le commandeur et les chevaliers s'établissent définitivement dans leur maison de refuge située dans la Hasseltsestraat (ancienne Beverstraat) à Diest.

Au XVIIIᵉ siècle : Déclin et disputes seigneuriales

  • 1700 : Le complexe fortifié de Bekkevoort tombe en grande partie en ruine. L'endroit reste toutefois un terrain de chasse prisé par les membres de l'Ordre et les princes d'Orange-Nassau (qui y ont planté le « Prinsenbos »).

  • 1712 : La carte de Frix mentionne toujours le site sous l'appellation « Commanderie ».

  • Seconde moitié du XVIIIᵉ siècle : Un conflit éclate entre les chevaliers et Guillaume V d'Orange-Nassau concernant les droits de chasse. Durant cette même période, une pièce du bâtiment principal est réaménagée et ornée de stucs sobres.

De 1794 à nos jours : Dissolution et vestiges

  • 1794–1796 : Avec la Révolution française et l'arrivée des troupes françaises, l'Ordre Teutonique est dissous. Ses biens sont saisis puis vendus à des particuliers.

  • Époque contemporaine : Du complexe d'origine ne subsiste qu'un pignon à redents retravaillé. L'intérieur du bâtiment principal actuel (datant des XIXᵉ et XXᵉ siècles) conserve la pièce spacieuse décorée de stucs du XVIIIᵉ siècle.




Armoiries du Grand Maître de l'Ordre Teutonique



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LEGENDES Les crocodiles de la Woluwe à Bruxelles

 



LES CROCODILES DE LA WOLUWE

A Bruxelles, une légende urbaine qui a la peau dure... 


Le texte qui suit est un résumé structuré des divers éléments - souvent rêvés ou fantasmés, mais jamais prouvés - qui ont jusqu'à ce jour alimenté cette légende urbaine bruxelloise...

Trois ruisseaux, le Vuylbeek, le Karregatbeek et le Zwanewijdebeek, alimentent l’Étang de Boitsfort, en bordure de la Forêt de Soignes. C'est dans le lit discret de cet étang que la Woluwe prend sa source avant de sinuer le long du boulevard du Souverain. Elle continue sa course souvent souterraine jusqu’aux Étangs Mellaerts et aux étangs du Parc de Woluwé, dont elle recueille les trop-pleins. Puis elle passe sous l’avenue de Tervuren et réapparaît, enfin, à l’entrée du boulevard de la Woluwe. Elle suit alors cette artère à ciel ouvert jusqu’à Machelen, traversant les communes de Woluwé-Saint-Pierre, Woluwé-Saint-Lambert et Woluwé-Saint-Étienne, pour finalement se jeter dans la Senne.

La Woluwe possède elle-même de nombreux petits affluents dont : le Watermaelbeek qui traverse le parc de la Héronnière à Watermael-Boitsfort, le Roodkloosterbeek qui prend sa source dans la forêt de Soignes et longe l'ancien prieuré du Rouge-Cloître à Auderghem, le Bemelbeek à Woluwé-Saint-Pierre, le ruisseau du parc des Sources, le Roodebeek et le Struykbeek à Woluwé-Saint-Lambert, le petit Maelbeek à Kraainem et le Kleine Beek à Zaventem.

Mais sous la surface paisible de ces cours d'eau bruxellois se cacherait un secret bien plus sombre. L'histoire a commencé à circuler à l'été 2017, lorsqu'un promeneur matinal a aperçu une silhouette massive et écailleuse fendre silencieusement les eaux du grand étang du Parc de Woluwé. L'œil vitreux et le museau allongé apparus entre deux nénuphars n'appartenaient pas à une grosse souche dérivante, mais bel et bien à un crocodile. D'autres témoignages fort semblables suivent...

Averties en secret pour éviter toute panique générale chez les riverains, les autorités communales auraient discrètement dépêché des équipes d'intervention. Des fouilles approfondies auraient été menées dans les zones marécageuses du parc et le long de la rivière, mais en vain. La végétation dense de la Forêt de Soignes toute proche et le lacis de canalisations souterraines sous le boulevard du Souverain offrent un abri parfait à un prédateur sachant se faire invisible.

Au fil des années, les témoignages troublants se sont accumulés. Des joggeurs nocturnes affirment avoir entendu des claquements de mâchoires résonner à proximité de l'avenue de Tervuren. D'autres jurent avoir aperçu deux grands yeux luisants au bord du Zwanewijdebeek, fixant la nuit, avant de disparaître sans un bruit dans l'eau sombre. Etc, etc.

Les indices matériels, eux aussi, ne trompent guère les habitués des lieux. Il n'est plus rare de retrouver, au petit matin, des cygnes majestueux déchiquetés sur les berges des Étangs Mellaerts ou des canards sauvages amputés d'une patte (?). Plus inquiétant encore, plusieurs propriétaires de petits chiens ont signalé des disparitions inexplicables le long du boulevard de la Woluwe, là où la rivière coule à ciel ouvert.

Certains commentateurs locaux, souvent fort loquaces et imaginatifs, pensent qu'un individu relâché illégalement aurait survécu grâce à la chaleur des conduits urbains. D'autres suggèrent qu'un couple se serait reproduit, formant une petite colonie discrète qui remonterait le cours d'eau de Machelen jusqu'à Boitsfort. Aujourd'hui encore, lorsque la brume se lève sur les étangs de Woluwé, certains promeneurs rares n'osent s'approcher trop près du bord.

Et donc, un promeneur averti en vaut bien deux...

Charles Saint-André



PHOTOGRAPHES Daniel Storz (Les Marolles en 1966)

 

BRUXELLES

LES MAROLLES EN 1966

"Place du Jeu de Balle et alentours..."


Par Daniel Storz


Photos extraites de l'album "Marolles 66" 

(72 pages illustrées, 54 photographies en noir et blanc)












































































PHOTOGRAPHES Victor Riston (Quatre villes mosanes entre 1895 et 1905)

  

DINANT - HUY - LIÈGE - NAMUR

ENTRE 1895 ET 1905


Les photos de Victor Riston (Nancy 1862-1929)



DINANT




























HUY






LIÈGE






















NAMUR














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