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| Triboule et Triboulette |
LES NUTONS WALLONS
Et leurs potes du monde entier
En annexe, les portraits de famille !
Petits artisans des grottes et figures du folklore européen
Les Nutons (aussi appelés nûtons, lûtons ou, selon les régions, sottais, massotês ou dûhons) sont des créatures emblématiques du folklore wallon et ardennais. Présents dans les traditions orales de Wallonie (provinces de Namur, Luxembourg, Liège et Hainaut) et des Ardennes françaises, ils incarnent une facette du « petit peuple » européen : des êtres discrets, habiles et ambivalents, liés aux grottes, aux rochers et à la nuit. Leur mémoire demeure vivace dans la toponymie (nombreux « trous des Nutons », grottes, roches) et dans le tourisme culturel local.
Étymologie et origines
Le terme wallon nuton (ou nûton) suit une évolution parallèle au français « lutin ». Il dérive de formes dialectales liées à la nuit (nût) et, plus anciennement, à netun (démon ou esprit nocturne). Certains chercheurs y voient un lien possible avec Neptune ou une divinité gallo-romaine locale (inscription « NVTTO » à Celles, près de Dinant), voire des survivances de figures celtiques. Dans le discours ecclésiastique médiéval et moderne, ils furent parfois assimilés à de « petits diables ».
Les traditions orales, collectées au XIXe siècle et au début du XXe, les présentent comme une race distincte des humains, de petite taille (souvent 30 cm à 1 m), d’apparence sénile (barbe blanche longue, visage ridé), vêtus de façon archaïque (bonnet pointu, sabots, habits colorés). Ils habitent exclusivement les cavernes, failles rocheuses et souterrains des régions karstiques (vallée de la Meuse, Condroz, Famenne, Ardennes). Ils sortent surtout la nuit pour travailler, danser ou circuler.
Caractéristiques et mode de vie
Les Nutons sont avant tout des artisans exceptionnels : forgerons, couteliers, cordonniers, menuisiers, taillandiers. On déposait le soir à l’entrée de leur demeure un objet cassé (outil, chaussure) accompagné d’une offrande en nature (nourriture : jambon, saucisse, tarte au sucre, lait, pain, beurre…). Au matin, le travail était fait et les vivres disparus. Ils aidaient aussi aux travaux des champs ou à la lessive. Leurs forges, entendues par temps calme, témoignaient de leur activité.
Bienveillants et serviables, ils enrichissent parfois un foyer honnête et laborieux. Mais ils sont extrêmement susceptibles et gourmands. Une moquerie, un manque de reconnaissance ou une curiosité excessive provoque leur colère : malédictions, disparition définitive ou ruine. Une légende célèbre raconte un paysan qui se moque d’un nuton l’aidant épi par épi ; le Nuton rétorque : « Épi par épi, je t’ai enrichi ; gerbe par gerbe, je te ruinerai. »
Ils présentent aussi un trait plus trouble : un attrait pour les femmes et les jeunes filles, qu’ils peuvent enlever (sans violence excessive selon certaines versions) pour les emmener dans leurs grottes. Ils vivent en groupes, parlent peu (et souvent pour des messages désagréables), et ont disparu « récemment » selon les traditions (abus des humains, modernité, ou nature diabolique selon l’Église)
.Des sites emblématiques existent partout : grotte du Nichet (Fromelennes, salle des nutons), roche des Nutons (entre Villance et Maissin), trou des Nutons de Chansin, cuisine des Nutons, etc. Des figures locales comme le nuton Boutroule à Spontin perpétuent le folklore aujourd’hui.
Comparaison avec les personnages similaires du folklore européen
Les Nutons s’inscrivent dans une famille pan-européenne de petits êtres (nains, lutins, gnomes, kobolds…) qui partagent des traits communs : petite taille, activité nocturne ou souterraine, habileté manuelle, ambivalence (aide conditionnelle / vengeance), lien avec la nature et le travail humain. Voici les principales analogies et différences :
- Lutin français et Kabouter néerlandais/flamand : Parenté linguistique et fonctionnelle très forte. Les lutins sont plus souvent domestiques ou forestiers ; les Nutons se distinguent par leur habitat exclusivement cavernicole (comme les nains germaniques). Les Kabouters, populaires aux Pays-Bas et en Flandre, portent souvent un bonnet rouge et une barbe, sont timides et proches des brownies anglais.
- Nains germaniques et scandinaves (Zwerge, dvergar) : Ressemblance majeure pour l’habitat (cavernes, mines, rochers) et les talents de forgerons/artisans. Comme dans les contes des frères Grimm (les nains qui réparent ou aident en échange de nourriture), les Nutons offrent un service nocturne. Les nains nordiques sont souvent plus liés aux trésors, à la magie et à des dimensions mythologiques plus sombres (cf. les récits de l'Edda). Les Nutons restent plus « paysans » et localisés.
- Kobold allemand : Esprits domestiques ou miniers, parfois auxiliaires du foyer (comme les Nutons qui aident les paysans). Ils partagent la susceptibilité et le besoin d’offrandes. Les Kobolds miniers se rapprochent particulièrement de l’aspect souterrain des Nutons.
- Brownie écossais/anglais et Farfadet français : Aides domestiques nocturnes qui travaillent en échange de nourriture (lait, pain). Très proches dans le pacte d’échange et la vengeance en cas d’offense. Les Brownies sont plus liés à la maison qu’aux grottes.
- Korrigan (Bretagne) et autres figures celtiques : Petits êtres nocturnes, souvent liés aux rochers et aux sites mégalithiques, parfois malicieux ou enleveurs. Moins artisans que les Nutons, plus magiques ou liés aux danses et à la séduction.
- Trolls scandinaves ou Wichtels luxembourgeois : Partagent l’aspect « race souterraine » et la crainte, mais les Trolls sont souvent plus grands, plus brutaux et moins serviables. Les Wichtels (Luxembourg) sont très proches géographiquement et culturellement des Nutons ardennais.
Personnages semblables aux Nutons dans diverses traditions
Les Nutons wallons appartiennent à une famille de figures très répandue dans les mythologies du monde. Voici les analogies les plus proches dans l’Antiquité méditerranéenne et proche-orientale, puis en Inde et en Chine.
Dans les mythologies du monde antique (Grèce, Rome et proches)
- Les Dactyles (Daktyloi) de l’Ida : Ce sont les figures les plus proches. Petits êtres (parfois littéralement « de la taille d’un doigt »), associés au mont Ida (Crète ou Phrygie), ils sont des forgerons et métallurgistes primordiaux. Ils découvrent le travail du fer et du bronze, enseignent ces arts aux humains, et servent la Grande Mère (Rhéa/Cybèle). Comme les Nutons, ils sont chthoniens (liés aux montagnes et aux cavernes) et magiciens. On les confond souvent avec d’autres groupes d’artisans divins.
- Les Telchines : Habitants originels de Rhodes (et liés à la Crète et à Chypre), ce sont des daimones marins et métallurgistes. Ils inventent le travail des métaux, forgent la faucille de Cronos et le trident de Poséidon. Ambivalents : bienfaiteurs (artisans et initiateurs) mais aussi sorciers maléfiques capables de provoquer des catastrophes. Zeus les punit finalement. Leur expertise artisanale et leur caractère double rappellent fortement les Nutons.
- Les Cabires (Kabeiroi) : Divinités chthoniennes de Samothrace et Lemnos, souvent identifiées aux Dactyles ou aux fils d’Héphaïstos. Artisans divins et gardiens de mystères, liés à la métallurgie et aux cultes initiatiques. Ils partagent le caractère « petit peuple » technique et souterrain.
- Les Pygmées (Pygmaioi) : Race de nains mythiques (hauteur d’un « pygme », environ 30-50 cm), mentionnés dès Homère. Ils vivent en Afrique (ou parfois en Inde) et mènent une guerre perpétuelle contre les grues. Aristote les décrit comme habitant des cavernes souterraines. Plus guerriers et comiques que les nutons, mais ils illustrent l’idée antique d’une race naine cavernicole. D’autres figures proches existent : les Cyclopes forgerons d’Héphaïstos (plus grands et monstrueux), ou les Kobaloi (esprits farceurs grecs, ancêtres lointains des Kobolds).Ces êtres antiques incarnent souvent le lien entre technique (métallurgie), magie et forces chthoniennes, exactement comme les Nutons.
En Inde (mythologie hindoue, bouddhiste et jaïne)
- Les Yakshas (et Yakshinis) : Ce sont les équivalents les plus nets. Esprits de la nature (forêts, montagnes, eaux, arbres), gardiens des trésors cachés dans la terre et les racines. Souvent de petite taille ou de stature variable, parfois difformes ou potelés, ils sont ambivalents : généralement bienveillants (protecteurs de la richesse et de la fertilité), mais parfois capricieux, séducteNrs ou dangereux. Leur roi est Kubera (dieu de la richesse). On les trouve dès les textes védiques tardifs et massivement dans l’art ancien (stūpas de Bharhut et Sanchi). Comme les nutons, ils sont liés aux lieux souterrains ou naturels isolés et aux richesses/artefacts cachés.
- Les Ganas de Shiva : cortège de nains et êtres difformes, souvent artisans ou gardiens.
- Vamana (avatar nain de Vishnu) : incarnation divine sous forme de brahmane nain, mais c’est un avatar unique plutôt qu’une race.
- Certains Rākshasas ou êtres souterrains apparaissent aussi sous des formes naines.
- Les Yakshas partagent avec les Nutons le rôle de gardiens de trésors/arts cachés, l’ambiguïté morale et le lien fort avec le paysage (montagnes, grottes, forêts).
En Chine (mythologie et textes anciens)
Les figures exactes de « petits forgerons souterrains » sont moins standardisées, mais plusieurs traditions existent :
- Les Shanxiao (山魈) et esprits de montagne : Esprits des montagnes et marais, souvent de petite taille, à un seul pied (ou talons inversés), visage humain et corps de singe. Mentionnés dès les textes pré-Qin et Han (Shanhaijing, Discours des États). Ils sont des génies locaux des reliefs, parfois malicieux ou dangereux, liés aux lieux isolés et sauvages. Leur aspect nain et montagneux les rapproche des nutons.
- Les Jiaoyao (焦侥) et peuples de nains mythiques : Peuples légendaires de très petite taille (quelques cun à quelques chi, soit quelques dizaines de centimètres à environ 1 m) mentionnés dans le Shanhaijing et les textes historiques. Ils vivent dans des régions lointaines (sud-ouest ou îles) et sont parfois décrits comme tributaires ou semi-légendaires. Des récits parlent aussi de « petits hommes » (xiaoren) dans les montagnes.
- Les nains de cour (zhuru) sont historiques (divertisseurs) plutôt que mythologiques, mais les textes les relient parfois à des peuples nains légendaires.
- Esprits mineurs des montagnes ou des mines apparaissent dans le folklore et le taoïsme, sans toujours former une race d’artisans aussi codifiée qu’en Europe ou en Inde.
En Chine, l’accent porte davantage sur les esprits de lieux (montagnes, forêts) que sur une corporation d’artisans souterrains, mais le motif du « petit peuple » discret et lié à la nature sauvage est bien présent.
Au Japon
Le Japon (surtout via le folklore des Aïnous, peuple autochtone du nord) possède ses propres « petits êtres », très comparables aux Nutons wallons par certains aspects.
Les Koropokkuru (ou Koro-pok-guru / Koropokkur) :
C’est la figure principale.
Origine : folklore des Aïnous (Hokkaidō, îles Kouriles, Sakhaline).
Leur nom signifie littéralement « les gens sous les feuilles de pétasite » (ou coltsfoot / butterbur – fuki en japonais), une grande plante à feuilles larges sous lesquelles ils se cachaient.
Apparence : très petits (selon les versions : de quelques centimètres à 60-90 cm, rarement plus d’1 m). Souvent décrits comme poilus, à la peau rougeâtre, avec un front proéminent et un nez écrasé. Agile et discrets.
Habitat : ils vivaient dans des fosses (pit-dwellings) creusées dans le sol, couvertes de feuilles de pétasite. On les appelle parfois « les habitants des fosses ».
Caractère et relation avec les humains : Autrefois en bons termes avec les Aïnous. Ils leur apportaient discrètement (la nuit) du gibier, du poisson et des objets, en échange de cadeaux. Ils détestaient être vus.
Un jour, un jeune Aïnou, curieux, attrapa la main d’une Koropokkuru (une belle femme) qui déposait un cadeau. Furieuse de cette intrusion, elle et tout son peuple disparurent à jamais.
Depuis, on ne les voit plus, mais on retrouve encore leurs fosses, poteries et outils de pierre.
Ils sont habiles à la pêche, à la chasse et à la poterie. Comme les Nutons, ils sont serviables mais très susceptibles et fuient le contact forcé.
Certains chercheurs y voient un souvenir d’une population antérieure (peut-être liée à la culture Jōmon), d’autres purement mythologique.
Autres figures japonaises proches :
- Zashiki-warashi (座敷童子) : esprits-enfants qui habitent les vieilles maisons (surtout dans le Tōhoku). Ils apportent la prospérité tant qu’ils restent ; leur départ annonce le déclin de la famille. Plus des esprits domestiques que des nains artisans, mais de petite taille et ambivalents.
- Issun-bōshi (« le garçon d’un pouce ») : héros d’un conte populaire, un tout petit garçon qui part à l’aventure. C’est plutôt un personnage de conte que une race.
- Divers yōkai de petite taille existent, mais les Koropokkuru restent les plus proches d’une « race de nains ».
En Afrique
- Aziza (ou Azizan) – Afrique de l’Ouest (Fon/Dahomey, Bénin, Togo, Ghana) : Petits êtres de la forêt, souvent décrits comme poilus ou de taille enfantine. Ils habitent les fourmilières et les fromagers (arbres à soie). Généralement bienveillants : ils aident les chasseurs, enseignent des savoirs pratiques (feu, plantes médicinales, magie protectrice) et apportent la chance. Comme les Nutons, ils vivent discrets dans la nature et récompensent le respect.
- Mmoatia (ou Mmoetia) – Akan (Ghana et Côte d’Ivoire) : Petits esprits de la forêt (environ 30 cm), parfois avec les pieds tournés vers l’arrière (pour brouiller les pistes). Ils gardent les secrets de la nature et des animaux. Ambivalents : certains sont pacifiques, d’autres farceurs. Ils rappellent les lutins par leur caractère espiègle et leur lien avec la forêt.
- Abatwa – Zulu (Afrique australe) : Très minuscules (vivent parmi les fourmis et l’herbe), visibles seulement par les enfants, les femmes enceintes ou les chanceux. Fiers et susceptibles : ils se fâchent facilement. Ils chassent et vivent en petits groupes.
- Eloko : nains poilus et parfois dangereux des forêts d’Afrique centrale.
- Tokoloshe (Tikoloshe) : nain aquatique ou gobelin plus malveillant (Afrique australe), souvent invoqué pour nuire.
- Egbere : gnome nocturne qui pleure (Yoruba).
En Afrique, ces êtres sont surtout liés à la forêt, à la chasse et aux savoirs naturels, plutôt qu’à la forge ou aux grottes comme les Nutons.
En Amérique (principalement Amérique du Nord autochtone)
- Yunwi Tsunsdi (ou Yûñwĭ Tsunsdi’) – Cherokee : Les « Little People » : petits êtres (hauteur d’un genou d’adulte), bien proportionnés, avec de longs cheveux qui touchent presque le sol. Ils habitent les grottes, les rochers et les montagnes. Souvent bienveillants (aident les chasseurs, retrouvent les enfants perdus, aiment la musique et la danse), mais susceptibles et farceurs s’ils sont dérangés. Ils se divisent parfois en clans (roche, laurier, cornouiller). Très proches des nutons par l’habitat cavernicole et le caractère ambivalent.
- Memegwesi (ou Mannegishi, Memegwesiwag) – Anishinaabe / Ojibwe / Cree : Petits êtres poilus (taille d’un enfant), souvent associés aux rivières, falaises et rochers. Ils peuvent aider ou jouer des tours (détourner les canots, voler des objets). Généralement discrets et visibles surtout par les enfants ou les personnes spirituelles. Ils sculptent parfois des signes sur les rochers.
- Nirumbee / Awwakkulé (Crow) : nains des montagnes Pryor (Montana/Wyoming), parfois farouches.
- Pukwudgie (Wampanoag) : petits êtres des forêts de la Nouvelle-Angleterre, ambivalents.
- Jogah (Iroquois) et d’autres variantes selon les nations (Choctaw, Chickasaw, etc.).
- En Amérique centrale et du Sud, on trouve aussi les Alux (Maya) et Chaneque (Aztèque), petits esprits de la nature et des champs, souvent protecteurs ou farceurs.
Points communs avec les Nutons
Dans les cinq continents, ces êtres :
- Sont de petite taille et discrets.
- Habitent des lieux naturels isolés (forêt, rochers, grottes, rivières).
- Peuvent aider les humains (chasse, savoirs, protection) moyennant respect.
- Se vengent ou disparaissent en cas de moquerie ou d’irrespect.
- Symbolisent le lien avec la nature invisible et les forces du lieu.
Le motif est donc quasi universel : un « petit peuple » qui rappelle à l’humain qu’il n’est pas seul dans le monde et qu’il doit respecter l’invisible.
Ces figures reflètent des préoccupations similaires : expliquer les bruits souterrains ou nocturnes, valoriser le travail artisanal, rappeler le respect dû à la nature et aux forces invisibles, et gérer l’ambiguïté de l’aide surnaturelle (bénéfique si respectée, dangereuse sinon). Les Nutons se singularisent par leur ancrage très fort dans le paysage karstique wallon et ardennais (*), leur spécialisation artisanale, et la densité des toponymes qui leur sont associés.
(*) Le paysage karstique (ou relief karstique) est un type de paysage géologique formé par la dissolution chimique de roches solubles, principalement le calcaire, mais aussi la dolomie, le gypse ou le sel. Formation : L’eau de pluie, légèrement acide (parce qu’elle absorbe du dioxyde de carbone de l’air et du sol), s’infiltre dans les fissures de la roche. Elle dissout progressivement le calcaire, élargissant les fissures, créant des conduits, des galeries et des cavités. Avec le temps, cela sculpte un paysage très particulier, à la fois en surface et en profondeur.
C’est précisément dans ces paysages karstiques (vallée de la Meuse, Condroz, Famenne, Calestienne…) que se trouvent de nombreuses grottes et « trous des nutons ». Les rochers calcaires, les failles et les cavités naturelles ont inspiré les légendes des petits êtres qui y habitaient.Exemples célèbres en Belgique : les grottes de Han, de Remouchamps, de Hotton, ou les sites de Wéris (même si les dolmens sont mégalithiques, le plateau est calcaire).
En résumé : un paysage karstique est un « paysage de pierre dissoute par l’eau », riche en grottes, en reliefs chaotiques et en réseaux souterrains. C’est un terrain de prédilection pour les légendes de créatures cavernicoles comme les Nutons.
Héritage contemporain des Nutons wallons
Aujourd’hui, les Nutons survivent dans le tourisme (visites de grottes, circuits légendaires), la littérature et le folklore local (carnavals, contes pour enfants, podcasts). Ils symbolisent le lien entre l’homme, la nature et l’invisible dans une Wallonie rurale et forestière. Comme beaucoup de figures du petit peuple, ils rappellent une éthique simple : respect, reconnaissance et mesure face aux forces qui dépassent l’humain.Sources principales : traditions orales wallonnes collectées aux XIXe-XXe siècles (notamment via le Musée de la Vie wallonne), travaux de folkloristes (Dantinne, Haust, Legros, Moxhet, Doppagne), pages encyclopédiques et sites régionaux.
PORTRAITS DE FAMILLE
(Sources diverses assemblées par la Belgique des Quatre Vents)




