LES VAGUES D'OVNIS EN BELGIQUE
La Vague belge d’OVNI (1989-1991) : l’une des plus documentées de l’histoire
Entre la fin de 1989 et l’été 1991, la Belgique a connu l’une des vagues d’observations d’objets volants non identifiés (OVNI ou PAN – Phénomènes Aériens Non identifiés) les plus importantes et les mieux documentées d’Europe. Des milliers de témoins, dont de nombreux gendarmes et militaires, ont rapporté des engins triangulaires silencieux évoluant à basse altitude. Cette période, surnommée la « Vague belge », reste encore aujourd’hui un mystère non élucidé.
Le début : la nuit du 29 novembre 1989 à Eupen
Tout commence le soir du 29 novembre 1989 dans la région d’Eupen (province de Liège, près de la frontière allemande). Deux gendarmes en patrouille, Heinrich Nicoll et Hubert von Montigny, observent un grand objet triangulaire sombre, quasi silencieux, muni de trois puissants projecteurs blancs aux angles et d’une lumière rouge ou orange au centre. L’engin évolue lentement à basse altitude avant de s’éloigner.
Cette nuit-là, 143 observations sont recensées dans la région. Les jours suivants, les signalements se multiplient dans tout le sud de la Belgique (Wallonie), particulièrement dans les provinces de Liège, Namur et Brabant wallon.
Description des objets observés
La grande majorité des témoins décrivent un engin aux caractéristiques très similaires :
- Forme triangulaire (parfois trapézoïdale) aux angles arrondis, d’une envergure estimée entre 30 et 50 mètres.
- Trois grands phares blancs aux extrémités.
- Une lumière centrale rouge ou orange, parfois clignotante ou rotative.
- Déplacement très silencieux ou avec un léger bourdonnement.
- Capacités de vol inhabituelles : vol stationnaire, accélérations brutales, changements de direction instantanés.
Les observations se poursuivent presque quotidiennement pendant des mois, avec des pics notables (11 décembre 1989, 12 mars 1991, etc.).
Le point culminant : la nuit du 30-31 mars 1990
La nuit la plus célèbre se déroule les 30 et 31 mars 1990. Des gendarmes et des civils signalent des lumières étranges dans la région de Wavre-Gembloux. Les radars militaires de Glons (OTAN) et de Semmerzake détectent des échos non identifiés.
Deux F-16 de la Force aérienne belge décollent de la base de Beauvechain vers minuit. Pendant environ une heure, les pilotes tentent neuf interceptions. Ils obtiennent plusieurs verrouillages radar (lock-on) de courte durée. Les données enregistrées montrent des performances extrêmes :
- Accélérations de 300 à 500 km/h à plus de 1 600-1 800 km/h en quelques secondes.
- Changements d’altitude très rapides (descente de plusieurs centaines de mètres en quelques secondes).
Les pilotes n’ont cependant jamais eu de contact visuel avec les objets. L’armée belge a rendu publics ces enregistrements radar lors d’une conférence de presse en 1990, dirigée par le colonel (puis général) Wilfried De Brouwer. L’armée a conclu qu’aucune explication conventionnelle (avion, hélicoptère, ballon, etc.) n’avait pu être identifiée à l’époque.
Le rôle de la SOBEPS
La Société belge d’étude des phénomènes spatiaux (SOBEPS), association civile fondée en 1971, a joué un rôle central. Elle a collaboré étroitement avec la Force aérienne belge et la gendarmerie. Elle a recueilli plus de 2 000 signalements, réalisé environ 650 enquêtes approfondies et publié deux ouvrages de référence :
- Vague d’OVNI sur la Belgique – Un dossier exceptionnel (1991)
- Vague d’OVNI sur la Belgique – Une énigme non résolue (1994)
Selon la SOBEPS, plus de 500 cas restaient inexpliqués après analyse.
La photographie de Petit-Rechain
En avril 1990, une photographie célèbre montrant un triangle sombre avec quatre lumières est diffusée dans les médias. Prise prétendument à Petit-Rechain (près de Verviers), elle devient l’image emblématique de la vague. En 2011, le photographe Patrick Maréchal a avoué qu’il s’agissait d’un canular : un triangle en frigolite (polystyrène) équipé de spots lumineux. Cette révélation a fortement nui à la crédibilité de certaines preuves photographiques, sans pour autant expliquer l’ensemble des observations.
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| La photo fake de Patrick Maréchal |
Explications proposées
Plusieurs hypothèses ont été avancées :
- Contagion psychosociale : influence médiatique et suggestion collective (thèse soutenue par de nombreux sceptiques).
- Méprises avec des hélicoptères (notamment des UH-1 Huey ou d’autres appareils militaires).
- Phénomènes atmosphériques ou artefacts radar (diffusion de Bragg, couches d’air chaud, etc.).
- Avions expérimentaux secrets (hypothèse du F-117 Nighthawk, écartée par le ministre belge de la Défense de l’époque).
- Origine non conventionnelle (hypothèse extraterrestre ou technologie inconnue), défendue par certains chercheurs comme le physicien Auguste Meessen.
L’armée belge n’a jamais fourni d’explication définitive et a reconnu que certains aspects restaient inexpliqués.
Bilan et héritage
La Vague belge reste unique par :
- Le nombre élevé de témoins crédibles (gendarmes, militaires, civils).
- La collaboration exceptionnelle entre une association civile (SOBEPS) et l’armée.
- La transparence relative des autorités belges (publication des données radar).
- La durée et la cohérence des descriptions.
Plus de 35 ans plus tard, le phénomène n’a toujours pas d’explication unanime. La SOBEPS a été dissoute en 2007 ; ses activités ont été reprises en partie par le COBEPS (Comité belge d’étude des phénomènes spatiaux).
La Vague belge continue de fasciner les chercheurs, les journalistes et le grand public. Elle illustre parfaitement la complexité du phénomène OVNI : un dossier riche en témoignages et en données techniques, mais toujours ouvert.
Sources principales : rapports de la SOBEPS, documents de la Force aérienne belge, Wikipedia (versions française et anglaise), articles de presse belge (RTL, RTBF), analyses de chercheurs et sceptiques.

